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Actualité

Toujours des réactions
Publié le mercredi 19 mars 2008

Ex-salariée de l’Association OSER, je souhaite réagir à l’article du Progrès du mercredi 12 mars 2008 , intitulé « l’ADAPEI de l’Ain une nouvelle fois dans la tourmente ».

J’aimerai rappeler l’extrait d’un courrier écrit par Monsieur THIELLET, Préfet de l’Ain, en juin 2005. « ...D’un point de vue général, j’attacherai du prix à ce que votre association et ses représentants entretiennent des rapports normaux avec l’Etat que je représente dans le département de l’Ain et ses services. Certaines de vos activités s’exercent dans le cadre de missions de service public qui se traduisent par des conventions entre l’Etat et votre association, et par un financement sur des fonds publics. Dès lors les règles de fonctionnement et les contrôles de l’Etat s’imposent à ces activités. Il ne serait pas envisageable que ces principes mêmes soient régulièrement remis en cause par des modes relationnels s’inscrivant dans la confrontation ou le conflit. La loyauté, la transparence et une collaboration constructive doivent être le mode de relation normal entre l’Association OSER, ses établissements et services de l’Etat qui finance l’essentiel de ses actions... »

Nous savons tous ce qui est arrivé à l’Association OSER deux années plus tard...

L’extermination d’OSER s’est poursuivie, grâce à un travail consciencieux, de chaque jour, des représentants de l’Etat.

OSER a toujours reconnu que le contrôle de l’Etat était tout à fait justifié au regard des subventions que l’Etat lui accordait.

Jamais le Cabinet d’experts comptables, ni le Commissaire aux Comptes ont refusé de valider leurs rapports concernant les comptes administratifs et financiers d’OSER.

Deux contrôles ont permis de faire taire les mauvaises langues qui affirmaient que la gestion des deniers de l’Etat expliquait les déficits successifs, engendrés par des réductions successives des dotations annuelles allouée.

Ce qui déplaisait avant tout à nos organismes de tutelle, c’est que nous n’hésitions pas, après réflexions et concertations entre membres du CA, salariés, sympathisants, adhérents et usagers, à discuter touts orientations ou mesures prises à l’encontre de l’Association.

Ce qui nous amenait parfois à investir les bureaux de la DDASS, ou même à faire grève et à camper devant la préfecture.

Je ne peux pas passer à la trappe le contentieux sur les salaires qui perdurait depuis quelques années :

- au regard de la rénovation de la Convention Collective 51 qui a engendrée un surcoût. La DDAS n’a jamais voulu reconnaître ce surcoût au mépris des accords signés entre employeurs et syndicats...

- au regard du remplacement d’un animateur (indice E1), partant à la retraite et remplacé par une auxiliaire puéricultrice. La DASS n’a jamais voulu reconnaître cette embauche, et a tout simplement supprimé la valorisation de ce poste dans le compte salaire.

- au regard du poste de cadre par la promotion de la responsable pédagogique en chef de service éducatif. La DDAS n’a jamais accepté la reconnaissance de cet indice alors que l’Association s’était développée au fil des années pour passer de deux services financés par l’Etat (CHRS et Service Extérieur) à 5 (CHRS, Service Extérieur, Service Mobil ‘home, n° d’urgence 115, ALT), de la prise en charge de 62 personnes à plus de 100.

Je ne peux pas non plus passer sous silence les différentes réductions de budget que le CHRS subissait depuis plusieurs années et qui nous conduisaient à instruire des procédures administratives, que nous avons parfois gagnées, parfois perdues...

Aujourd’hui, je ne peux que constater amèrement une fois de plus qu’il y a deux poids, deux mesures...

Il semble tout à fait normal d’accepter que certains dirigeants ne soient aucunement inquiétés quant ils se payent grassement sur le dos des contribuables, bien au-delà de l’application de la Convention Collective en vigueur, alors que d’autres se voient refuser le versement de salaires correspondant à l’application stricte d’une Convention Collective ou la suppression pure et simple d’un poste dont seul l’indice est contesté par l’organisme de tutelle.

Bien sur, les services de l’Etat ont sanctionné la mauvaise gestion administrative faite par le directeur de l’ADAPEI, non pas en « coupant » les fonds, mais en les « gelant », ou encore en annulant un projet pour cause de dossier bâclé.

OSER n’a pas bénéficié du même traitement : même si des dossiers n’étaient pas bâclés, la DDASS et la Préfecture les ont rejetés : dossiers d’extension du CHRS ou encore demande de reconnaissance de l’hôtel Le Temps en Cerises en Pension de Famille. Sans parler des missions Mobil ‘home et n° d’urgence 115 supprimées sans explication. Pendant les mois de grève, la DDASS n’a pas non plus « gelé » les dotations mensuelles, mais les a « coupées », en exerçant un chantage : le versement reprendra quand la grève cessera...

Bien sur, l’ADAPEI n’est pas ce qu’était OSER !

Un million d’euros versés en « sursalaire » en sept ans...

La DDASS refuse le paiement de ce surcoût, mais qui paye sans rechigner ? Le Conseil Général !

OSER n’avait pas la chance d’avoir plusieurs financeurs et le soutien aveugle de l’un d’entre eux.

Selon Monsieur FLOCHON, Conseiller Général : « C’est dommage que cette affaire sorte de cette façon, cela va éclabousser l’image de l’ADAPEI, alors que tout aurait été réglé d’ici 2009... Il faut laisser une porte de sortie honorable au directeur » Bien sur Monsieur FLOCHON, aujourd’hui nous savons ce que le conseil Général a couvert depuis sept ans... Chut... Il ne faut rien dire !

OSER, si vous vous souvenez l’un de ses slogans, pendant sa grève et son camp devant la préfecture clamait : « Préfet, Préfet, encore un effort, 200 000 et on ne dort plus dehors. » La clameur, si forte pourtant, n’a pas du être portée et entendue jusqu’au Conseil Général...

Ah... Si ils avaient pu l’entendre cette clameur au Conseil Général... 200 000euros, ce n’est rien comparé à plus d’un million...

Mais à OSER, le directeur ne fréquente pas tout ce beau monde, et n’a pas les mêmes valeurs.

Ah, cher directeur, tu aurais pu faire un petit effort : mettre tes opinions de côté un moment et ta langue bien pendue au fond de ta poche sous mille mouchoirs, courber un peu l’échine, et marchander tes projets, tes collègues de travail, tes compagnons de lutte...

Mais tu étais avant tout un collègue, proche de tous et surtout des plus démunis, et tu n’avais que faire des honneurs de ton titre.

Comme chacun des salariés d’OSER, tu nettoyais les chiottes, passais le balai, et restais proche des personnes les plus démunies auprès de qui tu étais présent tout autant que nous autres salariés, sinon plus...

Heureusement pour nous qui partagions tes idées sur le travail social et sur un autre monde !

Mais malheureusement pour OSER !

Le directeur d’OSER ne se voyait pas supérieur aux autres salariés d’OSER, et c’est tous ensemble que nous nous sommes battus pour conserver notre outil de travail.

Bien sur, nous voulions conserver notre emploi, mais avant tout nous voulions poursuivre les missions de l’Association en direction des plus démunis de la meilleure façon possible, et les réductions de budget ne le permettaient plus.

Malheureusement pour toutes ces personnes qui pouvaient retrouver un minimum de reconnaissance sociale, en pouvant enfin se poser quelque part, avoir un toit et la nourriture le temps de se reconstruire, et qui ne bénéficiaient que du RMI, de l’AAH, des Assedic... Et même de rien du tout quand elles avaient moins de 25 ans !

Que dire de tous ces salariés de l’ADAPEI qui se sont battus en vain pour que leur soit payé ce qui leur était dû ? Que dire de tous ces salariés des ateliers protégés qui doivent être et restés productifs pour un salaire de misère ?

Une fois encore, ce sont toujours les plus petits, les non nantis qui trinquent ! Parents, adhérents, sympathisants de l’ADAPEI, et vous tous qui réclamez une France plus juste, réveillez-vous !

Aujourd’hui, vous savez, vous ne pouvez plus vous taire !

Et vous, directeurs d’établissements sociaux, n’oubliez pas que vous ne bénéficiez de cette fonction que par le travail que vous devez fournir en direction des publics que vous accueillez, pour leur assurer la meilleure prise en charge possible, et non pas pour vous enrichir sur le dos de vos usagers.

Et vous, Conseillers Généraux, comment pouvez-vous accepter ce détournement des deniers publics alors qu’il y a encore tant à faire pour renforcer la politique sociale de notre département.

Tout cela est bien triste... mais qui va enfin réagir pour que cela change enfin ?

MARIE PIERRE SEBILLAUT


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