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Actualité

Tribune libre
Publié le lundi 7 janvier 2008 Réagissez !

La LCR et OSER

Sur le forum du site d’OSER, un certain « concombre masqué » nous fait part de son inquiétude au sujet de la liste 100% à gauche qui concoura lors des prochaines élections municipales. Nous croyons savoir qui se cache derrière ce masque. Et pour plagier La Fontaine, « si ce n’est lui, c’est donc son frère. » Quoiqu’il en soit, l’anonymat n’est pas preuve de courage politique Mais qu’importe. Sans « la base arrière du FAR et sans l’argent de l’Etat », écrit-il, « la liste aux municipales de la LCR, ça va être coton ! »

C’est l’occasion pour nous de revenir sur cette confusion récurrente.

L’influence des militants de la Ligue au sein du FAR est notoire. D’autant que, contrairement aux affidés des sectes, ils n’ont jamais fait mystère de leur appartenance.

Ils ont été présents dès le début de l’aventure autogestionnaire. Ils ont contribué à l’exercice difficile de la démocratie directe (et pas seulement « participative ») au sein de l’équipe éducative. Ils ont pratiqué et défendu le partage des salaires et l’absence de hiérarchie. N’étant pas schizophrènes ils se sont efforcés d’accorder pratiques professionnelles et volonté politique, le dire et le faire. Avec des bonheurs incertains, ils ont diffusé leur presse et convaincu quelques salariés de rejoindre leur combat. Ces militants ont souvent servi de boussole quand, sous les coups des divers gouvernements, le travail social devenait contrôle, stigmatisation, culpabilisation des pauvres. Leurs convictions ont toujours primé sur la recherche du confort matériel et des honneurs. Ils jouaient le jeu quand d’autres brouillaient les cartes, préparaient leur brillant avenir. Ils mettaient, contrairement à ce que disent leurs détracteurs, les mains dans le cambouis. Aujourd’hui, ils paient le prix fort. Cash. Les ex d’OSER se sont souvent retrouvés à des postes de direction après leur départ du FAR. Les militants de la Ligue sont aujourd’hui au chômage et risquent de le rester longtemps.

Leur pratique sincère leur a permis de travailler avec des collègues ne partageant pas leurs idées politiques, à qui ils ont laissé toute la place pour prendre des responsabilités. Ils ont intégré les apports qui culturellement leur étaient étrangers : rigueur gestionnaire, comptabilité, sciences du travail social. Leur raideur théorique, leurs certitudes, ont été pondérées, assouplies, par ces confrontations. Ils ont appris de la vie. L’originalité du FAR, sa pertinence, doit beaucoup à la rencontre improbable entre des travailleurs d’horizons différents mais animés d’une utopie commune et se jetant à l’assaut du ciel.

Mais c’est avant tout la rencontre avec toutes celles et tous ceux qui, au bout du rouleau, sont un jour venus frapper à la porte du FAR, qui a scellé leurs convictions. Pour des militants révolutionnaires, vivre trois décennies durant parmi ces existences brisées par la précarité, la pauvreté, la maladie, le malheur, apprend plus sur les ravages du capitalisme que dix ans d’études universitaires.

De ce point de vue notre libelliste a raison. C’est bien cette « base arrière » qui nous a donné cette force, cette confiance, cet impératif de solidarité. Et, face à notre tragédie, la jouissance mal contenue de la gauche caviar qui suinte par la plume du « cornichon masqué » est bien là. Elle se dit qu’enfin, ceux qui contestent, qui revendiquent aux côtés des exclus, les pénibles, ceux qui disent non, ont mordu la poussière. Qu’ils ne pourront plus s’appuyer sur un vécu professionnel et humain pour étayer leurs argumentations !

Cette gauche là fait un calcul politicien, tactique, à courte vue. Nous croyons que, malheureusement, la gauche locale toute entière sort affaiblie par la disparition de cette maison qui abritait pratique éducative solidaire et réflexion au coté de nos concitoyens les plus fragiles, ceux dont l’amélioration des conditions de vie devrait être le programme politique de socialistes dignes de ce nom. Mais, au sein de la gauche convertie au libéralisme, le discours sur l’égalité, la « cohésion sociale » n’est plus guère porteur, hormis pour les fins de banquets républicains.

Avec ou sans sa « base arrière », la LCR Burgienne survivra à la disparition d’OSER. Elle sera présente lors des prochaines échéances électorales, municipales et cantonales. Notre liste sera constituée par ceux que la LCR prétend représenter. Des ouvriers, des employés, des salariés précaires, des habitants des quartiers, des femmes élevant seules leurs enfants, des personnes issues de l’immigration... Tous ceux avec qui nous partageons l’espoir de changer la vie.

Carole, Luc, Jean-François.



La LCR et l’argent de l’Etat
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