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Actualité

On cause de nous.
Publié le vendredi 23 février 2007

SITUATION D’ OSER :

Certains d’entre nous étaient présents à son AG et participent régulièrement à leurs rassemblements, mais il est nécessaire de faire le point car en tant que Comité de Vigilance nous devons prendre position (nous représentons nous-mêmes, mais aussi des associations). Daniel demande à chacun de s’exprimer au sujet du mode de fonctionnement d’OSER et du soutien que nous devons lui apporter. Après 3 semaines d’action, les risques d’usure, de pourrissement existent ; jusqu’où le Comité de Vigilance peut-il s’engager ?

Chacun est invité « à vider son sac » car il est impossible que nous soyons tous du même avis : - Le fait qu’il n’y ait pas de drapeaux aux dernières manifestations a été apprécié. - Il y a eu beaucoup de soutiens par écrit mais il n’y a pas assez de monde aux manifestations ; or, OSER va avoir besoin d’un soutien visible et fort. - De nombreuses personnes passent sur le site dans la journée, apportent de la nourriture. Les anciens du FAR sont très présents, ce qui est le résultat d’un travail de longue baleine et d’une véritable éducation. - Les syndicats se sont manifestés dans la presse. - Nous avons écrit en leur faveur avant la crise ; ne faudrait-il pas de nouveau apporter notre soutien ? - Des membres d’OSER ont assisté au Conseil municipal et Lionel Momet a demandé une suspension de séance pour qu’ils puissent s’exprimer. - Au cours d’une distribution de tracts dans les quartiers, les gens ont demandé des explications ; leur action commence à être connue et intéresse - Les enseignants semblent peu mobilisés. Quelle est leur analyse de la situation ? - On reproche à OSER d’avoir accueilli des DA célibataires : OSER a fait apparaître les dépenses engagées pour eux dans sa comptabilité ; leur subvention a été diminuée de la somme qu’ils avaient dépensée pour eux. Ils s’étaient mis hors la loi, ils avaient pris des risques, ils les paient. - OSER a participé à des actions du DAL en faisant ouvrir 3 logements "illégalement". Ils mélangent le social et le politique, mais toute action n’est-elle pas politique ? Aucun engagement n’est neutre, il est en cohérence avec le sens qu’on donne à la vie - Je ne crois pas que l’argument prioritaire dans ce qui est reproché à OSER soit le fait de fonctionner en autogestion. Je crois que ce qui lui est surtout reproché, ce sont les actes qu’OSER a posés par rapport à la situation faite aux D.A. sur Bourg depuis les aimées 2000. Situation due en partie aux restrictions budgétaires nationales concernant l’accueil de cette population. Il y a d’abord eu la décision de domicilier au FAR tout D.A. qui en faisait la demande, même si un hébergement ne pouvait leur être assuré. Puis OSER a aidé, à deux reprises, des occupations de logements, d’abord trois appartements, puis l’immeuble du CNRO. Disons que pour ces occupations le DAL a été réactivé sur Bourg en Bresse. Nous-mêmes, en tant que Comité de Vigilance, nous les avons rejoints une fois ces occupations décidées et réalisées. Je pense personnellement que quelque part OSER a eu le courage politique de faire quelque chose que moi-même je n’aurais pas eu le courage de faire. OSER paie aussi cela. L’association paie enfin le fait d’avoir pris la décision politique de prendre des D.A. au FAR, ce qui n’était pas la mission pour laquelle elle recevait les subventions de la DDASS. Elle a fait figurer sur ses comptes de résultats cette prise en charge, ce qui était aussi courageux et politique. - Je pense que ce n’est pas exactement ce qui s’est passé. OSER avait l’obligation de faire figurer ces prises en charge puisque, au-delà de trois jours, l’association doit avoir l’accord de la préfecture pour la prise en charge des personnes qui sont alors connues des services de tutelle. - En tout cas, ce sont ces décisions que paie OSER. C’est bien le fait que des D.A. se soient retrouvés à la rue qui a enclenché les décisions d’OSER. C’est pourquoi je pense que le Comité de Vigilance est concerné. Des demandeurs d’asile sans hébergement, sans aide pour le suivi de leur dossier, ce n’est pas l’application de la Convention de Genève, qui prévoit un « accueil digne. » Je demande vraiment que ce point soit souligné avec force dans les interventions du Comité de Vigilance. Je trouve que quelque part nous nous résignons trop à assurer les manques de la collectivité sans assez les dénoncer, pour l’accueil au Temps des Cerises et pour l’aide aux récits. - Je souscris à cette analyse. OSER, ce n’est pas seulement des slogans, ce sont des gens qui posent des actes et qui dérangent. - Je ne suis pas d’accord sur l’analyse concernant le choix de l’autogestion par OSER. C’est un argument important pour la préfecture contre l’association. La préfecture voudrait qu’il y ait un directeur parce qu’à un directeur identifié on peut donner des ordres qu’il est tenu de faire respecter. D’autre part, soyons prudents dans la dénonciation du non respect de la Convention de Genève : la France est un des seuls pays à l’assurer encore. Elle pourrait se rallier à la position dominante des pays européens. - Dans le secteur social, ils agacent ; certains se réjouissent de leurs difficultés et ne seront pas solidaires. Ces associations appliquent les directives de la DDASS : quand elle ne donne rien elles ne font rien ; OSER réagit par rapport à ce que l’Etat devrait faire et réclame les subsides nécessaires pour le mettre en œuvre. Il lutte au moment où le gouvernement débloque l’argent au compte goutte, c’est tout à leur honneur ; c’est la seule association locale qui résiste au système mis en place par la DDASS. Ils ne laissent rien passer et vont de contentieux en contentieux ce sont les « durs », c’est « le maillon résistant » ; s’il est cassé, les autres seront fragilisés Ce qui les motive, ce sont les manques de l’Etat face à des situations inhumaines, c’est aussi ce qui justifie notre propre action. Autrefois les services sociaux travaillaient dans l’intérêt des demandeurs (pas forcément "d’asile") et cherchaient à remettre les gens debout, actuellement l’action sociale « cavale » pour avoir de l’argent, des subventions et a tendance à oublier l’essentiel - Ils ont tendance à prendre en otage ceux qui les suivent, ils ont un art consommé pour engager les autres dans les actions qu’ils ont décidés seuls, ce qui crée une certaine gêne.
- La situation d’ OSER représente bien la situation actuelle du social en France. D’en haut on dicte telle ou telle ligne ; un coup l’accent est mis sur les jeunes, un coup sur les vieux. Les associations qui gèrent, aussi généreuses et compétentes soient-elles, cavalent après les subventions, et donc font en sorte d’être dans les lignes fixées. Le vrai combat du social me semble être : quel type d’actions fait-on ? D’autre part, quand on voit certains anciens résidents d’OSER revenir comme en ce moment et à d’autres moments, contents de revoir et de s’impliquer avec les gens d’OSER, on comprend que c’est le résultat d’un travail social correspondant à des choix. Il y a aussi un aspect que je veux dire à propos du bénévolat : quand on s’engage bénévole, comme on a pu être amené à le faire, c’est aussi parce que cela nous fait du bien à nous. Je pense qu’il est important de réfléchir à cet aspect des choses.
- Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire par là. Personnellement, dans le Comité de Vigilance, j’agis en tant que citoyen...
- Personnellement je les soutiendrai jusqu’au bout. Quand je les vois évoluer, quand je lis leur rapport chaque année (car il faut les lire), c’est remarquable. L’évolution dans ces rapports est remarquable. Ils ont une conception de la réinsertion différente : ils pensent qu’elle demande du temps et un long suivi. Ils passent beaucoup de temps avec leurs résidents, en particulier en soirée Ce n’est pas un travail facile quand l’alcool s’en mêle. C’est quelque chose ce qu’Us font.
- C’est un aspect des choses qui leur est reproché, de mêler, par là, les résidents à leur engagement politique.
- Il leur est reproché de ne pas travailler assez à l’insertion des personnes accueillies.
- Je ne suis pas d’accord sur tout avec OSER. Mais on sent qu’il y a une réflexion derrière. Par contre, ce que je reprocherais à OSER, c’est une façon de fonctionner un peu trop catégorique : en cas de désaccord entre le ÇA et l’équipe des salariés, c’est toujours celle-ci qui l’emporte.
- Je reviens sur le gros reproche qui leur est fait de ne pas avoir de directeur. Si une grosse association gérait le FAR, il y aurait déjà un directeur en place et celui-ci ne serait pas à payer.
- Sur l’aspect financier des chiffres du déficit : sur les 200 000 € qui manquent, il y a les 85 000 € concernant les demandeurs d’asile. L’autre somme concerne quelque chose dont on ne maîtrise pas vraiment l’aspect technique et qui a à voir avec une application de l’augmentation de salaires voulue par la Convention collective.
- Cette somme n’a pas été versée à OSER suite à un contrôle de la DDASS. Il a été reproché à OSER de ne pas appliquer la Convention collective, et donc, ils ne relèveraient pas de cette augmentation.
- Les problèmes d’argent ne sont pas seuls en cause ( à propos du 115, la nouvelle gestion a coûté 3 fois plus cher, bien que la préfecture n’ait pas tenu toutes les promesses faites aux repreneurs ). On leur reproche la gestion collégiale de l’entreprise (il est plus facile de traiter avec un directeur unique) ; ils ont une Convention Collective qui définit une échelle de salaires et leur permet d’être en règle avec la loi, mais ils ont une gestion des primes originale, contestée par la préfecture qui en profite pour ne pas débloquer tous les crédits auxquels ils ont droit. L’équipe de direction est « souveraine », en cas de conflit avec le ÇA c’est elle seule qui tranche, ce qui n’est pas légal.
- Je trouve que dans cette période, on laisse bien tranquille le directeur de la DDASS ?
- Mais la situation géographique du siège de la DDASS n’est pas très favorable à une action dans cette période. Il est aussi rappelé qu’il y a eu plusieurs rassemblements devant la DDASS sur tel ou tel dossier. Et que dernièrement OSER y a imposé un rendez-vous, ce qui n’avait pas été apprécié.
- En tout cas le Comité de Vigilance est directement concerné par la situation d’OSER. Car ce qui motive cette situation ce sont les manquements de l’Etat. Et des applications peu humaines de la loi auxquelles nous avons assisté. Les autres associations du secteur social appliquent les décisions de la DDASS. Il n’y en a qu’une seule qui n’accepte pas forcément d’aller uniquement dans le sens demandé : c’est OSER. OSER a été la seule association à nous offrir un local pour la halte de jour. Parce qu’ils se sont donné un espace de liberté dont ils nous ont fait profiter. On peut dire qu’OSER est le maillon résistant dans tous les sens du terme. En quelque sorte, ils protègent les autres associations. L’exemple du 115 et des associations qui ont été sollicitées pour le reprendre est significatif. La DDASS a mis un coin entre les associations à ce moment-là. Il faut réfléchir à cela, si possible avec des membres de ces associations, si l’occasion s’en présente. Le jour où OSER n’existera plus, ce sera plus qu’un caillou dans la chaussure qui disparaîtra. OSER protège les autres associations, j’en suis persuadé. Nous devons dire et faire connaître cela.
- Garder à l’esprit l’exemple d’Emmaüs qui est un cas à part, dans la mesure où cette association s’est donnée les moyens d’être indépendante sur le plan financier..., et qui soutient OSER.


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